Le Blog de l'actualité littéraire

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mercredi 28 février 2007

Le Club rencontre Gilbert Bordes

Quel a été l'élément déclencheur pour l'écriture de cette fresque historique ?
Gilbert Bordes : Ce livre marque pour moi le début d'une nouvelle carrière. Depuis longtemps, j'ai envie de marcher sur les traces des romanciers du XIXe siècle, les feuilletonistes dont Dumas est le grand maître.

Comme eux, je souhaite raconter des histoires fortes qui prennent le lecteur dès les premières pages pour le garder en haleine jusqu'au bout. Pour moi, une situation est romanesque, prenante, quand l'homme se trouve confronté à un événement qui le dépasse. Ce fut le cas de la grande peste qui a complètement déstabilisé la société du XIVe siècle. Peu de romanciers ont parlé de cette époque, à part Maurice Druon dont la documentation m'a beaucoup aidé. Mais Druon s'est intéressé aux princes. Moi, je veux donner un aperçu de toute la société.

Dans cette histoire de lutte entre deux dynasties, qu'est-ce qui est authentique, et quelle est la part de la création romanesque ?
Gilbert Bordes : J'ai suivi l'histoire dans ses grandes lignes. Ainsi, à la mort du dernier des fils de Philippe le Bel, c'est le fils de son frère qui est couronné roi, Philippe VI de Valois. Pourtant un héritier a existé : Jean Ier, fils de Louis X. Selon l'histoire officielle, ce Jean Ier est mort quatre jours après sa naissance. Mais la rumeur de l'époque prétendait qu'il avait survécu et grandi quelque part en Italie. Ainsi, Giannino Guccio a vraiment existé. Ce marchand d'étoffes (il était peut-être banquier) prétendait être Jean Ier. Il a même réussi à constituer une armée et s'est fait battre par la comtesse de Provence. Giannino Guccio était-il Jean Ier, personne ne le sait. En revanche, j'ai inventé mon héroïne, fille de la reine Clémence de Hongrie et d'un troubadour. J'ai aussi inventé la conjuration des Lys, même si elle comporte une part de vérité historique. En effet, les premiers Valois ont été contestés par les pairs du royaume et une multitude de grands nobles qui refusaient de reconnaître Jean II comme roi de France.

Cette page d'histoire était-elle pour vous un moyen de développer des thèmes typiquement médiévaux comme la légitimité, la fidélité, la loyauté ?
Gilbert Bordes : Bien sûr. Mais ces thèmes importants au Moyen Âge n'ont rien perdu de leur valeur. Et pourtant notre époque semble les oublier. Tout comme ce lien charnel qui unit les hommes et notre planète. On parle énormément d'écologie, de produits bio, mais on oublie d'enseigner aux enfants que tout ce que nous mangeons vient de la terre. Apprendre à semer une graine et récolter le légume qu'elle a produit après bien des soins serait une manière de réconcilier les nouvelles générations avec elles-mêmes. Sortir du virtuel pour redonner aux mots et aux actes leur véritable valeur est l'enjeu éducatif de notre temps. Les fondamentaux de notre espèce n'ont pas changé et les grands principes moraux, en dehors de toute considération religieuse, sont indispensables pour bien vivre ensemble.

Le choix d'une femme comme personnage principal vous a-t-il permis de donner une coloration particulière à ce roman plein de violence et de souffrances ?
Gilbert Bordes : Certainement. La violence s'est installée dans notre monde qui a perdu ses repères. Mais au regard de l'histoire, nos émeutes des banlieues sont bien modestes. Certes, elles sont de trop et montrent un malaise profond auquel aucun homme politique n'a eu le courage de s'attaquer. Cependant, au XIVe siècle, la violence était générale. il faut se remettre dans la peau d'un homme de cette époque : les compagnies mettaient à sac les villes, pillaient, brûlaient, violaient. L'insécurité était permanente, les convois de blé ne pouvaient arriver à destination sans être protégés par une multitude d'hommes en armes. Chaque matin, dans Paris, des dizaines de cadavres jonchaient les rues à la suite de règlements de comptes. On pendait beaucoup, mais les malfrats étaient toujours plus nombreux. La moindre maladie pouvait tuer. Un grand nombre de femmes mouraient en couches, on mourait aussi d'un mal de dents, d'un chaud et froid, d'une petite blessure qui s'infectait… A cela, il fallait ajouter les maladies chroniques, la sous-nutrition, le manque d'hygiène qui emportait deux nourrissons sur trois, le froid, l'humidité des taudis. Dans ces circonstances, la présence d'une femme donne au roman toute sa force. Car les femmes avaient un rôle social important. Elles ne se contentaient pas de faire des enfants et de filer leur quenouille. Elles dirigeaient des domaines, administraient des villes et revêtaient l'habit de guerre malgré l'interdiction de l'Eglise. Ainsi la comtesse de Provence était-elle à la tête d'une armée pour vaincre Jean Ier. Plus tard, Jeanne d'Arc fit le siège d'Orléans.

En écrivant sur la Peste noire, avez-vous pensé aux grandes peurs contemporaines du type SRAS, virus d'Ebola ou grippe aviaire ?
Gilbert Bordes : Je crois qu'un roman quel qu'il soit, mais surtout un roman historique, doit toucher les lecteurs dans leurs préoccupations, leurs peurs, leurs phobies. La peste est l'illustration parfaite de cette hantise que nous avons tous d'une pandémie. Si elle est restée dans notre mémoire collective, sept siècles après avoir ravagé l'Europe, c'est qu'elle correspond à une menace actuelle. Nous sommes à la veille d'une telle catastrophe. Tous les scientifiques affirment que le virus de la peste aviaire mutera un jour. Personne ne sait quand, et personne ne peut dire non plus s'il sera aussi virulent que la Peste noire. Mais nous ne sommes pas aussi désarmés que nos ancêtres. On a pu voir l'année dernière des mesures mondiales faire barrage à la peste aviaire. Et cette première dans l'histoire de l'humanité a été d'une efficacité qui nous rend optimistes. Les populations des pays développés sont mieux nourries et ont une résistance naturelle supérieure à celle des hommes du XIVe siècle. Il est vrai aussi que si la peste au Moyen Âge a mis presque un an pour aller de Marseille à Paris, une maladie contagieuse se répandrait aujourd'hui dans le monde entier en une journée.

Autres ouvrages de Gilbert Bordes :
- Des enfants tombés du ciel
- Les âmes volées
- Le voleur de bonbons
- Juste un coin de ciel bleu
- Lumière à Cornemule

mardi 27 février 2007

Le Club rencontre Jean-Christophe Rufin

Pensez-vous vraiment que l'écologie puisse être dévoyée au point de conduire au terrorisme ?
Jean-Christophe Rufin : Je souhaitais depuis longtemps écrire un roman sur l'écologie "véritable", pas celle que nous connaissons en France, sympathique et modérée, mais plutôt celle qui, en Angleterre ou aux Etats-Unis, se manifeste par des actions terroristes violentes.

Si l'on va au bout d'une certaine logique écologique, les intérêts de la planète sont opposés à ceux de l'espèce humaine. Pour ces fanatiques, l'homme est une espèce parmi d'autres, la plus nuisible, celle qu'il faut combattre et qu'ils envisagent sereinement de détruire. Ce n'est pas une utopie mais une réalité d'aujourd'hui.

La protection de la nature n'entre-t-elle pas obligatoirement en contradiction avec les intérêts des plus pauvres ?
Jean-Christophe Rufin : A chaque conférence internationale sur l'écologie, deux points de vue s'affrontent : celui des pays pauvres qui mettent en accusation les sociétés industrielles développées et celui des grandes puissances qui accusent le tiers monde d'être responsable de tous les maux. A plus ou moins brève échéance, on peut penser qu'il y aura là matière à une véritable confrontation violente. C'est ce que ce roman met en scène.

Etats-Unis, France, Afrique du Sud, Brésil : avez-vous voulu décrire l'une des facettes de la mondialisation ?
Jean-Christophe Rufin : Le renseignement est, par essence, une activité mondialisée. Mes héros, qui travaillent pour une organisation américaine de sécurité, ne font qu'utiliser les méthodes actuelles de l'espionnage. Leur activité est planétaire, leurs moyens logistiques illimités. Pour qui dispose de tels moyens, les distances ne comptent plus et les enjeux ne se limitent pas à un seul pays. En ce sens, ce roman rend compte le plus exactement possible de ce que sont les menaces aujourd'hui et de ce qui est le nouveau visage de l'espionnage, loin des pratiques de la guerre froide et des hommes gris à chapeau mou du John le Carré de la grande époque soviétique.

Si un militant humanitaire tel que vous devait choisir entre les hommes et la nature, comment se sortirait-il du dilemme ?
Jean-Christophe Rufin : Nous devons faire ce choix tous les jours. Les pays pauvres sont de plus en plus abandonnés à leur misère et à leurs guerres. Ils sont combattus à cause des menaces qui en proviennent (terrorisme, immigration massive, saccage des milieux naturels). Notre devoir est de montrer que la solution n'est pas seulement répressive et qu'on ne peut sauver la planète en se débarrassant de ceux qui la peuplent. Il faut renforcer notre part humaine, augmenter le respect que nous avons pour l'humain, rappeler notre devoir de solidarité à l'égard de tous et non réduire l'être humain à une espèce nuisible.

Vos inquiétants personnages pensent que le problème crucial, la source de tous les maux , c'est la surpopulation. Ont-ils entièrement tort ?
Jean-Christophe Rufin : Non. L'abandon progressif des programmes de planning familial et de promotion des femmes est un drame. Sous l'influence de certains groupes religieux américains, les Etats-Unis refusent aujourd'hui de financer quiconque agit de près ou de loin pour limiter la croissance de la population. C'est une attitude irresponsable qui conduira tôt ou tard au retour de la pensée malthusienne, c'est-à-dire à l'usage de la guerre, des maladies, des famines pour réguler la population humaine. De ce point de vue, ce roman ne fait qu'anticiper les drames à venir si nous ne prenons pas conscience à temps de ces problèmes et de ces risques.

Le Parfum d'Adam de Jean-Christophe Ruffin

lundi 26 février 2007

Bonne fête Nestor

Nestor Burma n'est pas un type comme les autres.
Pour commencer, c'est une légende, le père spirituel de nos enquêteurs d'aujourd'hui. Et puis, à l'instar de tous les personnages charismatiques, une grande partie de son caractère s'inspire de la biographie même de son auteur, ses aventures trouvent leurs rebonds dans les faits divers du Paris des années cinquante. Autrement dit, c'est un être complexe et subtil, de cette étoffe qui fait les héros.

Ce recueil vous propose de faire sa connaissance et d'assister à ses débuts de détective. Quel délice de suivre Nestor arpentant l'escargot parisien - dont il dresse un tableau noir, poétique, tendre et désabusé ! Au passage, on se frotte à de véritables titis parisiens, dotés d'une gouaille pas piquée des hannetons. Et l'on retrouve le charme suranné de ces affaires qui ont donné leurs lettres de noblesse au roman policier français.

vendredi 23 février 2007

Rencontre avec Philippe Besson

Après Un instant d'abandon et L'enfant d'octobre, Philippe Besson renoue avec le roman épistolaire, un genre qui a donné à la littérature plusieurs de ses chefs d'oeuvre, des Lettres de la religieuse portugaise aux Liaisons dangereuses.
Le Club l'a rencontré à l'occasion de la sortie de son livre Se résoudre aux adieux.

Comment un romancier peut-il se mettre à ce point dans la peau d'une femme ?
Philippe Besson : J'aborde presque toujours l'écriture d'un roman comme un comédien travaille sur un rôle. C'est une gageure, un défi que je me lance. Si les lecteurs de ce romans sont convaincus qu'il n'a pas pu être écrit par un homme, alors j'ai réussi mon coup.

La passion amoureuse peut-elle encore atteindre de nos jours à un tel degré d'intensité ?

Philippe Besson : Elle est intrinsèquement universelle et intemporelle. C'est la plus vieille histoire du monde.

Avez-vous écrit un roman sur la blessure ou la cicatrisation ?

Philippe Besson : Sur les deux. Sur la tristesse et la violence des séparations mais aussi sur le deuil de l'autre et la rédemption. Louise, mon héroïne, va chercher dans l'exil une façon d'échapper à la désolation, et va trouver son salut dans l'écriture. Ce sont les lettres qui vont finalement la sauver.

jeudi 22 février 2007

Ruth Rendell - La 13e Marche

Ruth Rendell nous fait perdre pied. Inutile de lutter face à un tel talent !
Quand l'obsession devient un pousse-au-crime : faites la connaissance de Mix, personnage que l'on préférerait ne jamais croiser tant sa folie est aussi insondable qu'indécelable au premier abord !

Le comité de lecture a aimé...
Ruth Rendell est indéniablement l'experte absolue en maière de perversité et de comportements obsessionnels. Grâce à La 13e Marche, elle gravit un échelon sur l'échelle de l'angoisse. Elle décrit un univers tout ce qu'il y a de plus réconfortant. Elle y fait évoluer des personnages qui pourraient être nos voisins de palier. Et soudainement, autant qu'imperceptiblement, elle nous entraîne en plein coeur de la folie meurtrière. C'est exactement là, sous nos yeux, que se déchaïnent les pires démons. Aussi crédible qu'inquiétant !

mercredi 21 février 2007

Itinéraire de Frank McCourt

C'était plutôt mal parti pour Frank McCourt !
Enfant, il se trimballe à Limerick (en Irlande) avec des morceaux de pneu de bicyclette en guise de semelles et ne mange pas à sa faim. Au sortir de l'adolescence, en 1949, les choses en s'arrangent pas. Il immigre à New York et découvre le triste manège des petits boulots. Puis, jeune adulte, quand il obtient son diplôme d'enseignant, il semble tout à fait perdu ! Il se retrouve face à des fauves sans pitié...
Mais grâce à sa profonde humanité et ses talents de conteur, notre homme finit par s'en tirer. Un parcours époustouflant, qu'à 76 ans, Frank McCourt continue de raconter de sa plume exquise. Il aurait tort de s'en priver, maintenant que tout lui réussit. Découvrez Teacher Man de Frank McCourt.

mardi 20 février 2007

La vendetta Lazare de Robert Ludlum et Patrick Larkin

Une intrigue microscopique pour une suspense macrodiabolique !
A Santa Fe, l'institut Teller est à la pointe de la recherche sur ces minuscules engins conçus dans un but thérapeutique. Mais les nanomachines se métamorphosent bientôt en nanotueuses et massacrent des milliers d'écologistes. Quel est cet étrange mouvement Lazare auquel ils appartenaient ?
Extrait de La Vendetta Lazare :
Les contestataires qui campaient le long de la route commençaient à s'extraire de leurs sacs de couchage. Ils regardèrent passer la voiture. Quelques uns agitèrent des pancartes : "Stop à la science qui tue – Non aux nanotechnologies – Suivons Lazare."
La plupart ne bougèrent pas, redoutant d'affronter l'aube de ce mois d'octobre. Santa Fe est à 2300 mètres d'altitude, et les nuits étaient déjà fraîches.

vendredi 16 février 2007

Rencontre avec Bernard Werber

Le Club a reçu Bernard Werber pour son livre Le Papillon des étoiles.
Le mot qui revient le plus souvent dans Le Papillon des étoiles, c'est "fuite". Comme vos héros, rêvez-vous de fuir la planète Terre ?

Bernard Werber : La fuite est le réflexe naturel de tout animal dans une situation où il est coincé. Et je pense qu'aujourd'hui nous sommes de plus en plus coincés.

Je lis le journal tous les matins, et je suis atterré de voir la bêtise grandir et de constater qu'aucune force ne s'y oppose. Plutôt que d'essayer de raisonner tout le monde et de leur dire : "Attendez, il faudrait peut-être arrêter de gaspiller et ne pas laisser les fous avoir le dernier mot", certains estiment qu'il vaut mieux s'en aller. C'est ce qui fait la richesse de l'Amérique, mais aujourd'hui on ne peut même plus partir en Amérique. Il n'y a plus un seul endroit sur Terre où se réfugier. Voilà comment mes personnages hypersensibles perçoivent le mode. Leur départ dans l'espace est donc une réaction de survie logique.

Dans leur gigantesque vaisseau spatial, vos scientifiques bâtissent une société utopique ?

Bernard Werber : Oui, c'est un thème qui revient souvent dans mes livres : le désir de se réunir et d'être tous frères, sans que certains aient envie de commander ou de brutaliser leurs voisins. L'une des réponses que j'ai trouvées réside dans la nature : il suffit de regarder les fourmis. Dans mes livres sur les fourmis, il y avait déjà intrinséquement cette idée que des espèces d'insectes très anciennes ont trouvé la solution à la violence, alors que nous perdons beaucoup de temps avant de parvenir au même résultat.

Pour vos personnages, la science est à la fois une partie du problème et de la solution ?

Bernard Werber : Oui, parce qu'on ne trouvera de solution ni dans la politique, ni dans la philosophie, ni dans l'art. Au stade actuel, seule la science peut nous sauver.

jeudi 15 février 2007

Rencontre avec Frédéric Lenoir

A l'occasion de la sortie de son livre L'Oracle della luna, le Club avait rencontré Frédéric Lenoir.

Comment, après La Promesse de l'ange, vous est venue l'envie d'écrire ce nouveau roman, suspense historique plus palpitant encore que le précédent ?

Frédéric Lenoir : J'ai eu l'idée de L'Oracle della luna il y a quinze ans, donc bien avant La Promesse de l'ange. Ce roman est très ambitieux, car il offre, à travers un intrigue romanesque, l'essentiel de mes convictions philosophiques et spirituelles. En même temps, je voulais que ce soit un vrai thriller qui tienne le lecteur en haleine jusqu'à la fin du livre. C'est la raison pour laquelle j'ai mis autant d'années à l'écrire.

Pourrait-on dire qu'on assiste dans ce livre à une véritable quête du Graal à travers celle de l'amour aussi bien charnel que divin ?

Frédéric Lenoir : Je n'ai pas pensé les choses en ces termes, mais cela me semble très juste ! C'est l'histoire d'un paysan du Sud de l'Italie qui tombe amoureux d'une jeune fille de la grande aristocratie vénitienne dont le navire s'est échoué non loin de son village. Il va tout mettre en œuvre pour la retrouver et, progressivement, au gré des rencontres et des événements de sa vie, son voyage inspiré par l'amour de cette femme va se transformer en quête initiatique mystique.

mercredi 14 février 2007

Claire Castillon à coeur ouvert


Claire Castillon
A l'occasion de la sortie de son livre On n'empêche pas un petit coeur d'aimer, le Club a rencontré Claire Castillon.

Parlez-nous d'amour : votre vision d'écrivain rejoint-elle celle de la femme amoureuse que vous êtes ?


L'écrivain ne peut pas se dissocier de la femme, ça n'existe pas. Il y a des heures où l'écrivain se met en retrait, peut-être, mais là encore, je n'y crois pas vraiment. L'écrivain ne s'efface pas au profit du reste, il prend toujours toute la place et se sert de tout, pendant que tout lui sert. C'est comme ça.
Les mots ont les pleins pouvoirs, ils font, défont, inventent infiniment. La vie fait les mots de l'écrivain. L'amour est une sorte de mot. La femme écrivain amoureuse est en quête de vocabulaire. Parce qu'elle n'a jamais assez de mots pour dire Je t'aime. Elle aimerait savoir le dire mieux, alors elle le montre, mais si on venait à ne pas comprendre, à ne pas voir, à ne pas accepter tout ce qui est donné, sorti, presque arraché d'elle-même pour que ça vole haut, fort et beau, elle ne le reprendrait pas, ça, non, elle l'écrirait, pas pour un autre, pour tous les autres. En l'écrivant, elle cesserait d'aimer, aussi fort qu'elle a aimé, c'est à dire infiniment.

mardi 13 février 2007

Catherine Dana - Portrait chinois

Catherine Dana, auteur de Première suée de sel, s'est livrée au jeu du portrait chinois.

portrait chinois

Si l'amour était…

...une couleur ? Ce serait noir et blanc, comme Sekou et Gabrielle.
...un peintre ? Edward Hopper, car c'est une peinture de solitude et de silence, d'impossibilité de communiquer. Pour moi, c'est aussi cela l'amour.
...un endroit dans le monde ? Celui de mes personnages est un amour de grande ville où les gens peuvent se cacher, s'aimer en secret. Mais moi, je choisirais plutôt les Antilles.
...de la nourriture ? Cela ne peut être qu'un chou à la chantilly, qui se goûte d'abord avec le doigt, par gourmandise. L'amour, c'est de la gourmandise aussi.
...un parfum ? Une odeur plutôt, celle de l'océan par forte tempête.
...un couple célèbre ? Sans doute un couple terrible mais inévitable comme Scarlett O'Hara et Rhett Butler dans Autant en emporte le vent. Ou secret, sensuel, mais tout aussi inévitable, comme lady Chatterley et Mellors, le garde-chasse.

vendredi 9 février 2007

Offrez-vous Venise

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Venise la Sérénissime est un bijou baroque posé sur l’immense lagune qui l’entoure. Plusieurs siècles après la fin de son âge d'or, la cité des Doges reste mystérieuse et attachante. Elle n’en finit pas de surprendre et de provoquer l’étonnement. Construite sur pilotis, plus de 400 ponts relient entre elles les nombreuses petites îles sur lesquelles la ville est bâtie et qui forment un merveilleux labyrinthe à découvrir. Il faut venir y flâner deux ou trois jours au moins, et prendre le temps de découvrir l’incroyable charme des ruelles tortueuses et des places lumineuses, sans oublier une promenade nocturne où se dévoilera, pour vous, Venise la mystérieuse.Vous y découvrirez également des trésors artistiques et architecturaux grâce à ses 500 palais et plus d’une centaine d’églises. Seul le glissement des gondoles et le chant des gondolieri viendront troubler votre découverte de cette destination magique.

jeudi 8 février 2007

Retour sur les Prix littéraires 2006

Retrouvez au Club les ouvrages qui ont fait l'actualité littéraire 2006 :
Les Bienveillantes de Jonathan Littell
Prix Goncourt et Grand Prix du Roman de l'Académie Française
Il n'a pas attendu le Goncourt pour connaitre un immense succès public. Avec Les Bienveillantes, Jonathan Littell est à la fois la surprise, la révélation et l'événement littéraire 2006. Il aborde, en grand écrivain, une interrogation universelle : la question du bourreau.

Mémoires de porc-épic d'Alain Mabanckou
Prix Renaudot
Il renouvelle les formes traditionnelles du conte africain et signe un livre aussi spendide que truculent.

Une promesse de Sorj Chalandon
Prix Médicis
Dans ce très beau roman, prix Médicis 2006, Sorj Chalandon raconte l'histoire mystérieuse d'une "cérémonie des adieux".

Marilyn, dernières séances de Michel Schneider
Prix Interallié
Il semblerait que le mystère nous embrasse quand nos yeux rencontrent l'image de Marilyn. Ce livre ne tente pas l'impossible, qui serait de le percer. Très documenté, il reste cependant une fiction.

Lignes de faille de Nancy Huston
Prix Femina
Un livre sur l'enfance sacrifiée, servi par l'écriture fine et limpide d'une grande romancière de notre temps.

Rendez-vous de Christine Angot
Prix de Flore
C'est compliqué. C'est souvent compliqué avec Christine Angot. Compliqué, passionné, bouleversant et sincère.

mercredi 7 février 2007

Le monstre pervers la plus mythique de l'imaginaire contemporain revient...

Hannibal le Cannibale nous entraîne encore une fois au-delà de la terreur, dans les enfers de sa folie criminelle... Le livre à lire absolument avant d'aller voir le film.

Le comité de lecture a aimé...
Comment l'héritier de la famille Lecter, grande lignée de Lithuanie, est devenu ce génie de la mort qui nous hante depuis le début des années 1980, le mystère était jusque-là resté entièrement intact.
L'enfance, la jeunesse... c'est un voyage terrifiant dans les méandres du cerveau du plus célèbre des tueurs en série de la littérature que nous vous proposons. Êtes-vous sûrs de vouloir l'entreprendre ?

L'extrait :
Obscurité, neige. Hannibal entouré de cadavres. Combien de temps a passé, il ne s'en souvient plus. Les flocons forment une fine poussière blanche sur les cils et les cheveux de sa mère. Son corps est le seul qui n'a pas été tordu et noirci par le feu. Hannibal la tire par le bras mais le gel l'a déjà clouée au sol. (...) Des ombres noires se meuvent à la lisière du bois. Sa torche électrique allume des reflets dans des yeux de loups. Il crie pour les effrayer, brandit sa pelle dans leur direction. Comme Mischa veut désespérément revenir à leur mère, il est forcé de choisir : il l'entraîne dans la maison, abandonnant les morts à la nuit (...)
Les flocons s'accumulent contre les fenêtres. Au coin d'une vitre, un cercle sombre se forme, peut-être le bout d'un doigt ganté ? Au milieu du rond, un oeil bleu pâle.

Du nouveau au Club de l'Actualité Littéraire

Chers adhérents,

Depuis la rentrée, vous avez pu apprécier la nouvelle revue du Club : nouveau nom, nouveau format, nouvelle charte… Retrouvez sur Internet tout son contenu et bien plus encore : les ouvrages présentés dans votre dernière revue ainsi que ceux des précédentes, la revue interactive à feuilleter en ligne, l'actualité des auteurs…

2007 voit aussi la naissance du Blog de l'Actualité Littéraire, destiné à vous présenter nos coups de cœur, dévoiler ce que nous ont confié les auteurs, rappeler les avantages du Club et les offres privilèges qui vous sont accordées. Ce sera pour nous un espace de partage de l'information littéraire et pour vous la possibilité de vous exprimer sur les sujets présentés en déposant des commentaires.

Nous vous souhaitons donc la bienvenue sur ce nouvel espace, espérant qu'il vous plaira et que vous viendrez nombreux nous lire… Nous attendons avec impatience vos commentaires.