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Le dernier volume d'une saga mythique
Et quand viendra la fin du voyage...
La bicyclette bleue 1964-1967
Voilà un quart de siècle que nous suivons les aventures de Léa et François Tavernier, et chaque nouveau volume nous apporte son lot de surprises ! Cette fois-ci, Régine Deforges nous convie à un incroyable voyage en Bolivie.
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Nous sommes en 1966, et Charles de Gaulle confie à Tavernier la mission de ramener en France l'assassin de Jean Moulin, Klaus Barbie. Pendant ce temps, Ernesto Che Guevara, ami intime de Léa, installe un maquis insurrectionnel sur l'Altiplano. Régis Debray l'y rejoint, ainsi que Charles, le fils de Léa. Bientôt, les chemins du nazi réfugié en Amérique latine vont croiser ceux des révolutionnaires romantiques... Un grand récit d'aventures dans lequel la plupart des personnages sont authentiques... ou mériteraient de l'être !
L'interview
Dans quel état d'esprit se trouve l'écrivaine qui vient de terminer une saga de dix tomes, écrits sur plus de vingt ans ?
Régine Deforges : La Bicyclette bleue a été publiée en 1981, et j'y travaillais depuis 1979, cela fait donc presque trente ans. Chaque fois que je termine un livre, je me sens abandonnées. Là, c'est aussi une aventure qui se termine... dans l'angoisse et le doute.
Pour quelles raisons ?
Régine Deforges : J'ai toujours peur, quand j'écris, de ne pas y arriver. Et ce sentiment s'est accru avec le temps. Le philosophe Raymond Abellio m'avait un jour prévenue : "Régine, m'avait-il dit, ce sera de plus en plus difficile." Il avait raison. J'ai écrit les trois ou quatre premiers tomes dans la sérénité. Après, le doute ne m'a plus quittée, peut-être parce que je devenais de plus en plus exigente avec moi-même.
Pourquoi arrêter à ce moment, la fin des années soixante, un récit qui a captivé tant de lecteurs ?
Régine Deforges : Quand j'ai commencé Noir Tango, le tome 4 qui relate la traque de criminels nazis en Amérique du Sud, j'ai su que mon histoire se terminerait avec la mort du Che. Car il s'agit selon moi d'une date clé, le moment où meurt l'utopie, ce rêve qui consiste à vouloir changer le monde. Et, de fait, nous somme aujourd'hui immergés dans le concret, bien loin d'un idéal.
C'est la fête des mères, la maternité, cela évoque quoi pour vous ?
Régine Deforges : L'évocation la plus forte de la maternité, c'est pour moi cette sculpture de marbre blanc qui représente Marie regardant Jésus que l'on vient de descendre de la Croix. C'est une mater dolorosa, bien sûr, mais qui porte en elle une jeunesse et une fraîcheur indicibles.