Le Blog de l'actualité littéraire

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vendredi 29 juin 2007

Les Dames de nage du Bernard Giraudeau

Le roman éblouissant d'un amoureux des voyages
Trois amis, trois destins à la recherche de l'amour à travers le monde, de l'Afrique à l'Amérique du Sud. Amélie l'amour d'enfance retrouvée, Mama l'initiatrice africaine, Jo, la vie et la liberté qui se partage, Marguerite qui s'en va après avoir fait un signe à travers la vitre, Marcia le travesti, les femmes de Dikilou, la passagère oubliée sur le quai...
Autant de nuances dans les sentiments qui permettent à ces trois hommes de se construire, de chercher leur vérité et surtout le bonheur : "Attraper le bonheur, c'est vouloir retenir un papillon dans sa main."
Sous la peau de son héros, cinéaste et voyageur, Bernard Giraudeau avoue avoir mis beaucoup de lui. Un roman sans tabou, tissé de rencontres superbes, une prose nette, crue et poétique à la fois qui échappe à toute nostalgie.

jeudi 28 juin 2007

L'Etrangère de Saint-Petersbourg d'Annie Degroote

L'Etrangère de Saint-Petersbourg
Sous le règne du tsar Alexandre II, Blonde, une petite fille française, émigre avec son père à Saint-Pétersbourg. Protégée par la grande-duchesse, elle devient pensionnaire à l'Institut impérial de Smolny. L'avenir de Blonde semble aussi radieux que les innombrables palais colorés de la cité. Mais l'histoire de sa famille doit rester secrète.
Non seulement elle n'est pas d'origine aristocratique comme elle a dû le prétendre pour entrer à Smolny, mais son père et sa belle-mère ont tous deux un passé de révolutionnaires ! Et tandis que la jeune fille pense pouvoir épouser Sergueï, le fils d'un ancien serf, le secret est découvert. Pour éviter la Sibérie à sa famille, Blonde devra alors accepter un odieux chantage...
L'histoire d'un amour impossible dans une ville de légende.

L'interview

Vos précédents romans avaient le Nord pour cadre. Pourquoi avoir situé l'action de celui-ci en Russie ?
Annie Degroote :
J'ai toujours été attirée par la Russie. Je me sens des affinités avec ce pays et sa culture. Mais l'élément déclencheur de ce roman a été la découverte physique, je dirais même "charnelle", de la Russie, lors d'un premier voyage à Saint-Petersbourg. J'ai été subjuguée par cette ville magnifique, une ville de canaux comme je les aime, incroyablement théâtrale.

C'est ce qui vous a amené à faire une infidélité à vos Flandres natales ?
Annie Degroote :
Ce n'est pas une infidélité, il y a des liens évidents entre les Slaves et les Flamands. C'est quelque chose que j'ai eu l'occasion d'éprouver intensément lorsque, comédienne, j'ai interprété des personnages russes au théâtre. Comme les Russes, les Flamands passent facilement du rire aux larmes, de la truculence à la nostalgie. Il me semble que l'âme flamande est particulièrement réceptive à la sensibilité de l'âme russe.

mercredi 27 juin 2007

Dans la nuit Mozambique de Laurent Gaudé

Le prix Goncourt 2004 regarde les hommes se perdre.
A Saint-Malo, un capitaine négrier est poursuivi jusqu'à ce que folie s'ensuive, par l'étrange et implacable vengeance d'un esclave...
Dans les rues de New York, un vieil écrivain égoïste retrouve soudainement la mémoire d'un amour enseveli depuis trente ans, et sombre dans la culpabilité et le désespoir...
En Afrique, un ancien poilu sauvé de la mort dans les tranchées par un tirailleur sénégalais, plonge dans la haine des Blancs et l'ivresse meurtrière et se prépare à en payer le prix... Des officiers de marine sont accoutumés à se retrouver dans un restaurant de Lisbonne où ils se racontent des histoires qui font leur bonheur de vivre, jusqu'à ce que l'un des conteurs disparaisse...
Laurent Gaudé, l'un des meilleurs écrivains français - on n'a pas oublié l'admirable Soleil des Scorta, prix Goncourt 2004 - raconte, à travers le récit de quatre existences différentes mais pourtant si proches, comment les hommes se perdent dans le chaos de la vie et du monde.

lundi 25 juin 2007

Jésus de Nazareth de Benoît XVI

Toute sa vie, Joseph Ratzinger a eu le dessein d'approcher au plus près "la face du Seigneur". C'est cette quête intérieure et personnelle qui lui a inspiré ce livre magnifique. Dans cette rigoureuse analyse historique et théologique destinée à favoriser "l'amitié avec Jésus", où alternent les citations de la Bible et des Pères de l'Eglise, Benoît XVI interroge les enseignements de "l'homme de Galilée" et pose la question : "Qu'a-t-il apporté ?"
Sa réponse tombe comme un trait de lumière : "Dieu". Car c'est bien la véritable mission de la présence de Jésus sur terre : l'incarnation de Dieu dans son plan divin d'amour pour l'humanité. Le Saint-Père représente le Jésus des Evangiles avec un Jésus réel, "historique", une "figure sensée et cohérente". Son portrait fidèle répond ainsi à tous ceux qui ont voulu reconstruire Jésus, souvent à rebours de l'enseignement de l'Eglise... Livre-événement où la recherche du théologien approfondit la prédilection du chrétien, Jésus de Nazareth, traduit en près de quarante langues, est appelé à un très grand succès.

Jacques Duquesne a aimé

C'est une grande nouveauté : voici un pape qui consacre une oeuvre magistrale à Jésus et qui précise dès le spremières pages que "chacun est... libre de (le) contredire". On reconnaîtra là son humilité. On comprendra aussi que ce n'est pas seulement le pape, mais, d'abord peut-être, le grand professeur de théologie qui a écrit ce livre. Et qui se montre un excellent pédagogue même si, dès son avant-propos, il discute les idées d'autres professeurs, parfois peu connus. Que le lecteur ne s'en inquiète pas. Il découvrira mille richesses, bien des éclairages nouveaux dans ce texte dont l'ambition est de retrouver le Christ des Evangiles, pas seulement le Jésus des historiens, et encore moins celui de quelques romans à succès. En témoignent, parmi d'autres, les chapitres d'une rare érudition et d'une grande élévation consacrés aux Béatitudes et au Notre Père. J'ai beaucoup appris et aimé.

Jacques Duquesne

vendredi 22 juin 2007

Yvonne-Aimée n'a pas son âge de Jacques Duquesne

Sa curiosité et sa volonté vont mener cette femme du Nord sur des chemins inattendus
Yvonne-Aimée est une charmante vieille Parisienne à qui le veuvage et la solitude n'ont pas fait perdre son enthousiasme pour la vie. Pourtant ses enfants ne s'occupent guère d'elle, et son seul vrai contact familial est sa petite-fille Laure.
Un jour, Yvonne-Aimée se lie avec une inconnue, Irène. La jeune fille recherche un garçon dont elle ne sait rien, sinon qu'il l'a défendue contre un voyou et qu'il lui plaît. La vieille dame se passionne pour cette histoire, sans se rendre compte que son côté romanesque cache bien des étrangetés... Au même moment, son fils lillois traverse une grave crise conjugale. Yvonne-Aimée décide d'aller sur place arranger les choses. Et dans le T.G.V., elle fait la connaissance de Francis, un homme de son âge, de fort belle allure...

jeudi 21 juin 2007

Vermicelle au pays des sourds de Caroline Capossela

Comment vivre en sachant qu'on est condamné à mourir à seize ans ?
C'est le défi qu'un jeune surdoué, atteint du syndrome de Pencher, doit relever. Cette maladie, qui lui vaut le surnom de Vermicelle, freine, en effet, la croissance avant une mort souvent prématurée.
Garçonnet d'une incroyable maturité, il raconte avec une extrême lucidité une vie jalonnée par les écueils de la maladie, mais aussi les rêves propres à l'enfance, et que son imagination débordante rendent si vivaces. Pourtant, au fil de ses anniversaires, seules grandissent ses pulsions meurtrières et l'incompréhension de son entourage : ses parents, ses médecins, ses amis et même la belle Diane que Vermicelle ne peut supporter de voir grandir. Un Peter Pan inquiétant, mais un conte poignant et très réussi.

L'interview

Vermicelle au pays des sourds parle de l'enfance, de la maladie, de la différence, du mal, mais surtout de la puissance de l'imagination : c'est un premier roman audacieux. Comment ce livre est-il venu à vous ?
Caroline Capossela
: Vermicelle au pays des sourds, c'est d'abord le personnage de Vermicelle, je l'avais en tête depuis longtemps. J'avais envie de donner vie à un être ambivalent qui parvient à toucher malgré sa noirceur et sa cruauté. J'ai choisi l'enfance parce que le regard d'un enfant est forcément neuf et innocent, il n'est pas influencé par l'aigreur. Vermicelle est un antihéros qui se révolte contre la vanité des apparences. Il assimile l'intégrité à l'authenticité des sentiments et non à la morale collective. Pour lui, la moralité est inhérente à la volonté intérieure. Or, l'être humain en société est contraint à la modération, au calcul,. C'est certainement ce qui m'intéressait le plus dans le personnage de Vermicelle, le fait qu'il prône le libre arbitre absolu au détriment du jugement d'autrui.

Quel rapport entretenez-vous avec les mots, la langue ?
Caroline Capossela
: J'ai toujours aimé le pouvoir créatif des mots. Petite, j'aimais beaucoup créer, jouer avec les mots, inventer des histoires... L'écriture est comme une seconde vie, elle permet de faire exister ce qui demeure à l'état latent. En cela, elle rend tout possible car elle mobilise tous les sentiments.

mercredi 20 juin 2007

Le Meilleur de soi de Guy Corneau

Retrouvons notre élan créateur
Les scientifiques d'avant-garde considèrent nos gènes et notre cerveau comme des antennes, captant un champ de créativité qu'on pourrait appeler Amour. Guy Corneau suit la trace de cette force quand elle prend la forme d'un embryon, puis d'un bébé...
Ce que nous appelons notre "personnalité" nous voile notre vraie nature, mais c'est aussi le chemin vers elle : nos manques nous parlent finalement de nous ! Plus les pages défilent, plus l'auteur propose des exercices pour nous aider à retrouver qui nous sommes et comment la créativité peut devenir quotidienne, légère, gaie. Un magnifique manuel de renaissance.

mardi 19 juin 2007

Au secours pardon de Frédéric Beigbeder

Sept ans après 99 francs, le retour d'Octave.
Beigbeder chez Lolita ? Cynique, désespéré, désopilant, Octave poursuit le voyage chaotique à travers le monde moderne qu'il a commencé avec 99 francs. Le voici à Moscou, chargé par une multinationale des cosmétiques de découvrir la plus jolie fille de la planète.
Il va donc plonger la tête la première dans un océan de blondes ravissantes, aux jambes interminables, et scandaleusement jeunes. En s'aventurant du côté de chez Vladimir Nabokov, Frédéric Beigbeder joue une fois de plus les provocateurs. Mais n'est-ce pas le moyen idéal de décrire un monde délirant qui court à sa perte, entre vestiges du communisme et excès du capitalisme, entre people déjantés et terroristes islamiques ? Car le rire et l'outrage sont parfois de salutaires électrochocs.

Itinéraire

Plus Parisien que Frédéric Beigbeder, cela n'existe pas. Night clubber de compétition, il a été au milieu des années quatre-vingt le fondateur et président du Caca's Club, qui signifiat, dit-on, Club des Analphabètes Cons mais Attachants. Inspirés de ses nuits parisiennes, de son incursion dans l'univers de la publicité ou de sa fréquentation de la jet-set, ses romans sont les témoins d'une époque.

lundi 18 juin 2007

Cahier de gribouillages pour les adultes qui s'ennuient au bureau de Claire Faÿ

L'indispensable compagnon de travail
Il y a ceux pour qui le boulot est une véritable sinécure... et tous ceux pour qui se lever le matin est synonyme de calvaire. Mais que vous apparteniez à l'une ou l'autre catégorie, vous ne pourrez manquer de goûter la pertinence des "exercices" que recèle cet ouvrage. Rien de plus savoureux, en effet, que de rire aux dépens (mais en toute camaraderie) de ses collègues et (avec tout le respect qui lui dû) de son employeur...
C'est ce qui vous est proposé ici, sous la forme de divers remplissages, coloriages et gribouillages, à effectuer au gré de vos humeurs du moment ou de vos envies. Ainsi, que diriez-vous de tirer un trait sur vos problèmes, de faire des pauses-clope enfin saines, de répondre à votre boss et de clouer le bec à vos collègues, de faire une sieste... Comment ? Rien de plus simple, vous le découvrirez en feuilletant ces pagesvous trouverez, outre la détente, un défouloir idéal et salutaire !

vendredi 15 juin 2007

La Femme fatale de Raphaëlle Bacqué et Arianne Chemin

Deux journalistes parmi les mieux informées de Paris décident de briser l'omerta sur le couple Hollande-Royal. Elles racontent (presque) tout sur la crise conjugale qui n'a pas pesé pour rien dans la détermination de Ségolène Royal de concourir pour l'Elysée. Les amis de trente ans sont sommés de choisir entre elle et lui : "Tu as vu ses sondages, tu as vu les miens...", leur répète-t-elle sur un mode quasiment obsessionnel.
Quand elle subit, à l'été 2005, une opération de remodelage du bas de son visage, tous ne s'avisent pas que "Ségo" n'a pas seulement décidé de souffrir pour être belle. Elle est déjà décidée. Le dernier à s'en rendre compte sera le premier secrétaire du PS, son compagnon François Hollande.

Ségolène

Raphaëlle Bacqué et Arianne Chemin ont attendu l'issue finale de l'élection présidentielle pour boucler leur livre, auquel elles ont mis la dernière touche le lundi 7 mai, après l'annonce des résultats. Une discipline qui leur a permis d'intégrer, jusqu'au bout, tous les ingrédients et toutes les péripéties de l'aventure "ségoliste".

jeudi 14 juin 2007

La Révolte des accents d'Erik Orsenna

Après La grammaire est une chanson douce et Les Chevaliers du subjonctif, le troisième voyage d'Erik Orsenna au pays des mots est une petite merveille de fantaisie.
Jeanne et son frère Thomas habitent une île enchantée. Un jour, la jonque qui a débarqué une troupe de comédiens, repart avec les accents et les épices... Et l'existence est aussi terne sans accents graves, aigus et circonflexes que la cuisine sans safran, poivre et cannelle !
Ces accents que nous avons tendance à négliger, constituent le sel de la langue, le piment de la vie... Pour les retrouver, notre amie Jeanne devra accomplir un périple jusqu'à une vallée magique, dans les contreforts de l'Himalaya, où se rassemblent régulièrement tous les accents du monde. Un authentique bonheur de lecture.

mercredi 13 juin 2007

Je suis né un jour bleu de Daniel Tammet

Itinéraire d'un autiste surdoué
Pour lui, chaque chiffre, chaque lettre correspond à une couleur particulière. Il est capable de dire presque instantanément si son interlocuteur est né un lundi ou un jeudi, de résoudre des problèmes mathématiques complexes, de battre au black-jack un croupier de Las Vegas, mais il a mis très longtemps à savoir lacer ses souliers et n'a toujours pas son permis de conduire.
Comme Dustin Hoffmann dans Rain Man, Daniel Tammet est un autiste surdoué. Mais à la différence du personnage, il a su conquérir une totale autonomie et se socialiser. Agé de vingt-huit ans, il vit en Angleterre presque comme Monsieur Tout-le-monde. Pour les scientifiques du monde entier, il est le chaînon manquant, capable d'expliquer ce qui se passe dans la tête d'un autiste. Il a d'ailleurs écrit seul ce récit époustouflant.

Pierre de Rosette

Pour le professeur Allan Snyder, du Centre d'études du cerveau de l'Université nationale d'Australie, Daniel Tammet présente un enjeu scientifique de dimension internationale. Cet autiste surdoué fait partie des 1% de la population mondiale considérés comme "savants", parce que capables d'effectuer, entre autres, des calculs complexes de manière spontanée et immédiate : "Les "savants" sont généralement incapables de nous dire comment ils opèrent, explique le Professeur Snyder. Cela leur vient juste comme ça, sans qu'ils puissent l'expliquer. Daniel le peut. Il décrit ce qu'il voit dans sa tête. C'est pour cela que son cas est si excitant. Il pourrait être la Pierre de Rosette."

mardi 12 juin 2007

Le Festival de Cannes de Frédéric Mitterand

Etoiles et toiles...
Alors en creux de carrière et invité à présider un jury d'enseignants pour l'édition 2006 du festival, Frédéric Mitterrand est retourné presque incognito à Cannes où il ne venait plus depuis des années. Il nous invite au jour le jour à participer intimement à ses carnets secrets, à partager ses impressions, rencontres et réflexions de cinéphile.
Et s'il renoue doucement avec les petits rituels et le "grand cirque" de la Mecque du cinéma, cette fois, ce n'est pas en dupe. Sous les paillettes du festival que cet amoureux du 7ème art dépeint avec une grande sensibilité se glissent parmi les souvenirs très personnels que mémoire et mélancolie réveillent en lui, un regard acéré. On retrouve ici le grand écrivain de La Mauvaise Vie.

lundi 11 juin 2007

Echo Park de Michael Connelly

Echo Park Depuis treize ans, l'inspecteur Harry Bosch s'efforce en vain de retrouver l'assassin de Marie Gesto, une jeune fille dont le sourire innocent n'a jamais cessé de le hanter. Il est persuadé que le coupable est le fils pervers d'un magnat du pétrole. Mais voilà qu'un serial killer particulièrement ignoble s'accuse du meurtre de Marie Gesto.
Pour éviter le couloir de la mort, il se dit prêt à conduire la police jusqu'à la tombe de sa victime, à Echo Park, l'un des plus grands espaces verts de Los Angeles. Mais, comme toujours chez Connelly, les choses ne vont pas tourner comme prévu... Flic jusqu'au bout des doigts, Bosch va devoir chercher la vérité dans un labyrinthe de tunnels - et dans les méandres nauséabonds de l'âme humaine. Un thriller de très haute volée.

L'avis du comité de lecture

Pour d'innombrables lecteurs à travers le monde, Harry Bosch est devenu l'égal de Philip Marlowe, Sam Spade et autres enquêteurs de légende. Dans ce roman qui est sans aucun doute l'un des chefs-d'oeuvre de Michael Connelly, il affronte un tueur en série qui est en quelque sorte son portrait en négatif. Tous deux ont grandi entre orphelinats et foyers d'accueil. Tous deux ont souffert de la solitude. Mais l'un a choisi de servir la justice, tandis que l'autre s'est précipité dans les bras du diable !

vendredi 8 juin 2007

Odeur du temps de Jean d'Ormesson

En réunissant ses meilleurs articles du dernier quart de siècle, Jean d'Ormesson nous invite à découvrir une histoire souriante et vagabonde de la pensée et de la littérature contemporaines. Les portraits qu'il nous propose, s'appuient sur une connaissance personnelle : s'il admire autant Aron, Borges, Morand, Aragon, Yourcenar, Mauriac, Maurois ou Caillois, c'est parce qu'il les a écoutés autant qu'il les a lus.
Et il est évident qu'il a rencontré dans ses rêves Chateaubriand et Proust... Ce voyage au pays des génies nous conduit à Venise, au Brésil et dans les îles grecques. Mais le plaisir du lecteur naît aussi - et peut-être surtout - d'une ironie voltairienne qui dissimule derrière les compliments les plus appuyés, des piques vachardes et réjouissantes !

jeudi 7 juin 2007

La Revue de juin est en ligne

Après les belles échappées du printemps, on se tourne naturellement vers les prochaines vacances. Y penser, c'est déjà partir un peu... Et quoi de mieux, pour vivre un bel été, que de sélectionner dès à présent vos lectures estivales ? D'autant plus que cette année, grande première, beaucoup de vos auteurs préférés n'ont pas attendu la rentrée littéraire pour vous livrer leurs dernières oeuvres. Profitez-en !
Vous pourrez ainsi, dès le mois de juin et sans avoir à patienter jusqu'en septembre, cheminer sur les traces des grands écrivains, au rythme de vos vacances et de vos envies. Voici donc un tour de France de leurs régions de prédilection, qu'ils vous invitent à redécouvrir avec eux. Balade tranquille dans un village du Sud, tête dans les nuages au coeur des vignes bordelaises, ou sieste à l'ombre d'une forêt vosgienne : les livres que nous vous proposons ce mois-ci trouveront chacun une place dans vos valises.
Avec Les Chênes de Montfort, premier volet de la saga romanesque de Jean-Louis Magnon, nous voici dans le Lauraguais du début du XXe siècle, plongés au coeur d'une chronique familiale toulousaine qui entremêle brillamment petite et grande histoire avec, en toile de fond, les soubresauts de la société rurale de l'époque.

Maisons anciennes, sentiers escarpés ou petits ports de pêche, de la Bretagne à la Provence, voici une Revue propice au voyage et à la rêverie.
Excellentes lectures.

mercredi 6 juin 2007

Sur ma peau de Gillian Flynn

Amateurs d'eau tiède et de bons sentiments, ce thriller n'est pas pour vous ! Car c'est un pur cauchemar que nous propose Gillian Flynn : un concentré d'anxiété, un déclencheur de sueurs froides.
Camille Preaker a fui la petite ville du Missouri où elle a grandi, et elle a fait une croix sur sa jeunesse le jour où elle est devenue journaliste à Chicago. Mais son patron, dans l'espoir de l'aider à se réconcilier avec son passé, l'envoie enquêter sur le meurtre d'une fillette, dont toutes les dents ont été arrachées. Pour Camille, ce retour au pays natal est une descente aux enfers. D'autres crimes lui reviennent en mémoire. Des secrets de famille abominables resurgissent. Et elle se souvient des raisons qui l'ont poussée jadis à graver sur sa propre peau l'expression de ses angoisses.

mardi 5 juin 2007

L'Accusé de John Grisham

Quand Grisham fait le procès de l'Amérique
Voici une histoire authentique. Tout commence par le viol et le meurtre d'une jeune femme, en 1982, dans une petite ville de l'Oklahoma. Alors qu'ils avaient le coupable à portée de main, les policiers et le procureur tournent leurs regards vers un ancien champion de base-ball qui a sombré dans l'alcoolisme, Ron Williamson.
Avec un camarade de lycée, celui-ci est dès lors happé dans un engrenage dont l'issue est le couloir de la mort. Son procès est bâclé et relève de la mascarade. Comment cette erreur judiciaire a-t-elle été possible ? Qui est responsable ? C'est ce que John Grisham tente de mettre au jour dans ce livre fascinant qui laisse le lecteur en état de choc !

Le comité a aimé

Après Truman Capote et Norman Mailer, le célèbre John Grisham passe au crible un fait divers terrifiant et tisse un roman-document vertigineux qui s'est vendu, aux Etats-Unis, à près de trois millions d'exemplaires (un tirage record pour cet habitué du box office). Si l'auteur, qui est avocat de formation, a décidé pour la première fois de délaisser la fiction, il nous en révèle la raison : "l'histoire de Ron Williamson est plus poignante qu'aucun des romans que je pourrais écrire." Et à la lecture du livre, l'on ne peut que constater à quel point ce personnage, ce "héros" tragique de notre temps, victime du système judiciaire américain, l'a inspiré. Avec cette enquête hallucinante qui dénonce les travers de la justice, John Grisham signe un J'accuse outre-Atlantique percutant !

lundi 4 juin 2007

Rencontre avec Régine Deforges

Le dernier volume d'une saga mythique
Et quand viendra la fin du voyage...
La bicyclette bleue 1964-1967

Voilà un quart de siècle que nous suivons les aventures de Léa et François Tavernier, et chaque nouveau volume nous apporte son lot de surprises ! Cette fois-ci, Régine Deforges nous convie à un incroyable voyage en Bolivie.
Nous sommes en 1966, et Charles de Gaulle confie à Tavernier la mission de ramener en France l'assassin de Jean Moulin, Klaus Barbie. Pendant ce temps, Ernesto Che Guevara, ami intime de Léa, installe un maquis insurrectionnel sur l'Altiplano. Régis Debray l'y rejoint, ainsi que Charles, le fils de Léa. Bientôt, les chemins du nazi réfugié en Amérique latine vont croiser ceux des révolutionnaires romantiques... Un grand récit d'aventures dans lequel la plupart des personnages sont authentiques... ou mériteraient de l'être !

L'interview

Dans quel état d'esprit se trouve l'écrivaine qui vient de terminer une saga de dix tomes, écrits sur plus de vingt ans ?
Régine Deforges
: La Bicyclette bleue a été publiée en 1981, et j'y travaillais depuis 1979, cela fait donc presque trente ans. Chaque fois que je termine un livre, je me sens abandonnées. Là, c'est aussi une aventure qui se termine... dans l'angoisse et le doute.

Pour quelles raisons ?
Régine Deforges
: J'ai toujours peur, quand j'écris, de ne pas y arriver. Et ce sentiment s'est accru avec le temps. Le philosophe Raymond Abellio m'avait un jour prévenue : "Régine, m'avait-il dit, ce sera de plus en plus difficile." Il avait raison. J'ai écrit les trois ou quatre premiers tomes dans la sérénité. Après, le doute ne m'a plus quittée, peut-être parce que je devenais de plus en plus exigente avec moi-même.

Pourquoi arrêter à ce moment, la fin des années soixante, un récit qui a captivé tant de lecteurs ?
Régine Deforges
: Quand j'ai commencé Noir Tango, le tome 4 qui relate la traque de criminels nazis en Amérique du Sud, j'ai su que mon histoire se terminerait avec la mort du Che. Car il s'agit selon moi d'une date clé, le moment où meurt l'utopie, ce rêve qui consiste à vouloir changer le monde. Et, de fait, nous somme aujourd'hui immergés dans le concret, bien loin d'un idéal.

C'est la fête des mères, la maternité, cela évoque quoi pour vous ?
Régine Deforges
: L'évocation la plus forte de la maternité, c'est pour moi cette sculpture de marbre blanc qui représente Marie regardant Jésus que l'on vient de descendre de la Croix. C'est une mater dolorosa, bien sûr, mais qui porte en elle une jeunesse et une fraîcheur indicibles.

vendredi 1 juin 2007

Quand on vous dit maman...

Ma mère n'eut jamais assez de plats à faire mijoter, de bijoux à ranger ni de murs vierges pour exposer toutes nos offrandes : nous étions deux à la fêter, aussi malhabiles l'une que l'autre, aussi désireuses de bien faire.

Isabelle Lortholary
Heureuse, ou presque

Ma mère ? Mon paravent contre le malheur.

Calixthe Beyala
L'homme qui m'offrait le ciel

Elle s'appelait Victoria, était marseillaise et son sourire reste suspendu entre vieux port et Vierge de la Garde

Patrick Cauvin
Venge-moi

Une mère ne doit pas comprendre, seulement aimer et protéger.

Paulo Coelho
La Sorcière de Portobello

Devenir mère, c'est vivre l'été de sa vie de femme : porter un fruit, le voir éclore, s'épanoir, et ressentir une sensation inouïe d'amour infini, dans la moindre fibre de son être, à l'instant où le fruit tant espéré pousse son premier cri, ouvre les yeux sur un monde bien mystérieux.

Marie-Bernadette Dupuy
Le Chant de l'Océan