Le Blog de l'actualité littéraire

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mercredi 26 novembre 2008

A Cappella de Pierre Perret

pierre perret Tout, tout, tout… vous saurez tout sur le malicieux et délicieux Pierre Perret : véritable légende de la chanson française.
Dans cet ouvrage savoureux, qui fourmille d'anecdotes, Pierre Perret nous raconte toutes les péripéties de ses débuts, à partir de 1954, avec la tendresse, la simplicité et l'humour qui n'appartiennent qu'à lui.
L'auteur-compositeur, interprète de Tord-Boyaux, une chanson qui émut et fit rire la France entière, se laisse aller ici à ses souvenirs, pour le bonheur du lecteur qui le suit après son départ du Café du Pont.
Nous découvrons qu'il fut saxophoniste avant et pendant son service militaire effectué à la caserne Dupleix, membre d'un orchestre requis pour des concerts lors des "Nuits de l'armée". Puis, nous l'accompagnons dans ses rencontres fréquentes avec Georges Brassens, Paul Léautaud, Jacques Brel, Dalida, Boris Vian et même les Platters... Nous assistons à la naissance des premières chansons et vivons avec lui le trac de ses débuts en tournée, dans les cabarets parisiens ou à l'Olympia. De folles années de vache enragée durant lesquelles germait le succès.

Rencontre

Dans votre récit, vous relatez de nombreux dialogues avec des artistes qui vous étaient proches, comme Brassens, Dalida... Teniez-vous dès cette époque des "carnets intimes" ?
Pierre Perret
: Non, je ne tenais pas de carnets intimes. Mais mes tournées avec Charles Aznavour, les Platters, ou encore mes rencontres avec Brel, ont été des moments si exceptionnels qu’ils sont encore très présents dans ma mémoire. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai écrit ce livre puisque, comme disait Tristan Bernard : "Il faut écrire ses Mémoires avant de ne plus en avoir !"

Quel est le spectacle qui vous a donné le trac le plus fou ?
Pierre Perret
: Un Musicorama, un de plus, gratiné celui-là. J’en avais déjà fait une bonne dizaine, mais quand je suis arrivé à l’Olympia ce soir-là, jeune chanteur, la guitare à la main, j’ai entendu un vacarme épouvantable dans la salle. Tous ceux qui étaient passés avant moi s’étaient fait jeter comme des malpropres. Dans la salle, c’était apocalyptique. La scène était jonchée de tous les projectiles que l’on peut imaginer : ceintures, casquettes, godasses de toutes sortes, paquets de cigarettes en boule, sandwichs au jambon, boîtes de bière, sodas... Ça volait de toutes parts au milieu de hurlements de protestation. Tout le monde hurlait : "Les Stones ! Les Stones ! Les Stones !" C’était les Rolling Stones qui venaient pour la première fois en France. Tous les blousons noirs de la banlieue étaient dans la salle. Lorsque j’ai entendu la productrice me dire : "Tu peux aller accorder ta guitare. Ça ne va pas tarder à être à toi !", inutile de dire que j’étais livide. La suite est dans le livre, trou de mémoire inclus, mais je vous rassure, cette incroyable soirée s’est terminée en triomphe !

Quel est votre plus beau souvenir ?
Pierre Perret :
J’en ai tellement… peut-être la vie que j’ai vécue.

lundi 24 novembre 2008

La revue de décembre est en ligne

actualite littteraireCette fois, le compte à rebours des fêtes a commencé !
Nous vous offrons ici la toute dernière sélection de nouveautés où puiser de quoi choyer ceux que vous aimez. Alors munissez-vous de votre liste, et récapitulons…
Au rayon des documents brûlants d’actualité, impossible de passer à côté des confessions posthumes de soeur Emmanuelle, un ouvrage bouleversant, témoignage d’une existence entière passée au service des plus démunis.
beaux livresQuant à faire le plein d’idées cadeaux au rayon beaux livres, vous allez le constater, le plus difficile sera d’arrêter votre choix :
les trésors architecturaux, les richesses des diverses sociétés humaines à travers le temps, les joyaux artistiques et culturels combleront les plus exigeants ; au rayon vie pratique, recettes d’experts et menus alléchants feront fondre les plus récalcitrants, tandis que travaux d’aiguille et projets d’embellissement en pagaille se disputeront les faveurs des férus de l’adage "On n’est jamais aussi bien servi que par soi-même" ! Après tout cela, il ne vous restera plus qu’à prendre un salutaire "rafraîchissement" au rayon humour. Inutile de préciser, que, comme à leur habitude, les pages littérature, jeunesse, romans régionaux ou historiques feront, évidemment, leur lot d’heureux ! Et n’oubliez pas qu’il vous est toujours possible de trouver votre bonheur dans votre Revue du mois dernier. Laissez-vous guider par l’ours Pain d’Epice, vous serez assuré de passer d’excellentes fêtes, et de profiter de formidables moments de lectures.

mardi 18 novembre 2008

L'Ultime Liberté ? d'Axel Kahn

l'ultime liberte Généticien de grand renom, membre du comité d'éthique, Axel Kahn s'attaque à l'une des questions les plus passionnelles du débat français : doit-on légaliser l'euthanasie ? Sa connaissance inestimable de la médecine hospitalière, sa fréquentation professionnelle des personnes et des familles frappées par le drame ne lui ont pas fait perdre un solide bon sens.
Pour lui, la loi Léonetti, votée en 2005, remplit son office : allégement des souffrances, abandon de l'acharnement thérapeutique, organisation des soins palliatifs. Les exemples de Marie Humbert et de Chantal Sébire, ultra-médiatisés, ne le font pas changer d'avis. Il considère que leur exploitation par les militants pro-euthanasie ne fait pas avancer le débat, mais ouvre la porte à des dérives qui pourraient, un jour, menacer le respect de la vie.

Conviction dévoilée
Axel Kahn n’a pas attendu de publier L'Ultime Liberté ? pour dire tout le bien qu’il pense de la loi Léonetti, qui a instauré un droit au "laisser mourir". Le 16 avril 2008, lors de son audition par la mission d’évaluation de ce texte, ordonnée par François Fillon après la mort de Chantal Sébire, cette mère de famille rongée par un cancer, qui s’est suicidée faute d’avoir obtenu l’autorisation légale de se voir donner la mort, le généticien a répondu sans détour : "Il faut une fois pour toutes tordre le cou à cette idée selon laquelle le suicide, la demande d’euthanasie, seraient une liberté".

jeudi 13 novembre 2008

D'art d'art ! de Frédéric Taddeï

D'art d'art Vous connaissez sans doute l'émission D'art d'art ! qui ravit, chaque semaine depuis 2002, des millions de téléspectateurs. Le livre reprend le concept : rendre accessible à tous la compréhension d'oeuvres emblématiques, à travers une analyse savante, mais aussi des anecdotes et des récits truculents de vies d'artistes.
Cent cinquante oeuvres vous donnent ici rendez-vous. Le Scribe accroupi, dont les yeux ont été recréés par les Egyptiens à partir d'un morceau de cristal de roche. Gabrielle d'Estrées et une de ses soeurs, où l'on découvre que la maîtresse d'Henry IV était enceinte, par le geste érotique de sa soeur qui lui pince le téton !... Des reproductions splendides, des commentaires savoureux, c'est le cadeau rêvé de tous les amateurs d'art !
Feuilletez ce livre

Chef-d’oeuvre, mode d’emploi

Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de faire de l’émission D’art d’art ! un livre ?
Frédéric Taddeï :
Il m’a semblé plus intéressant de faire un livre qu’un coffret de DVD qui ne serait qu’une succession d’émissions. Avec un livre, on peut revenir en arrière, relire des passages. Mais tout comme l’émission, ce livre rend accessible quelque chose qui passe pour compliqué ou conceptuel. Texte et reproduction donnent des clés immédiatement compréhensibles.

Comment avez-vous choisi ces 150 oeuvres ?
Frédéric Taddeï :
J’ai bien entendu privilégié les oeuvres en deux dimensions, celles qui étaient imprimables. Donc des peintures plutôt que des sculptures. Tous les tableaux choisis figurent dans les collections permanentes des musées. Le lecteur a tout le loisir d’aller les admirer en vrai, plus tard. De les contempler d’un oeil neuf !

mercredi 12 novembre 2008

La Reine de Saba de Marek Halter

marek halter Au sud de l'Egypte, s'étend un pays réputé pour son or, sa myrrhe et son encens : le royaume de Saba. C'est là que naît la princesse Makéda, belle comme le jour et à la peau noire comme la nuit. Dès son accession au trône, elle impose sa volonté orgueilleuse en écrasant les ennemis de son père.
Un messager des Hébreux parvient alors dans ces terres africaines, et lui vante la sagesse du roi Salomon. La reine de Saba ne songera plus désormais qu'à partir vers le nord pour rencontrer cet homme qui lui semble digne d'elle. Marek Halter a écrit l'un de ses plus lumineux romans, en évoquant la légendaire histoire d'amour qui inspira le Cantique des cantiques.

lundi 10 novembre 2008

Mon Evasion de Benoite Groult

benoite groult "La jeunesse d'aujourd'hui imagine mal l'extraordinaire parcours qui a été celui des femmes au XXe siècle."
Ainsi commencent les Mémoires de Benoîte Groult, cette fille de bonne famille née en 1920, élevée chez les soeurs, et que rien ne prédisposait à devenir l'une des pionnières du féminisme.
Elle dit tout avec une franchise époustouflante : ses mariages avec Georges de Caunes et Paul Guimard, sa recherche du plaisir sexuel, sa soif inextinguible de liberté, son combat pour l'égalité des sexes qui se traduit aujourd'hui par la revendication de parité. Et comme l'humour est la meilleure des armes, elle nous offre des pages très savoureuses sur la bêtise et la vulgarité des éternels misogynes !

Lire le premier chapitre de Mon Evasion

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vendredi 7 novembre 2008

Album d'une vie Victor Hugo de Florence Gentner

victor hugo Un autre géant à barbe blanche vous fait un présent.
Avoir entre ses mains l'album d'un aussi grand personnage, alors que d'ordinaire, on a plutôt celui de nos grands-mères... cela ressemble à un rêve. Comme si l'illustre écrivain était un membre de notre lignée, nous sourions en découvrant les visages des êtres qui lui furent chers, les moments de bonheur que l'auteur connut.
Ce superbe livre-objet offre une véritable reconstitution de l'existence de Victor Hugo, par le biais de portraits gravés, d'illustrations, de clichés, de lettres reproduites, d'extraits de manuscrits, etc. Ses combats politiques, son oeuvre, son influence, sa gloire, les événements tragiques ou heureux de sa vie : vous saurez tout. Le monument de la littérature entre dans vos albums de famille !

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jeudi 6 novembre 2008

La Récup' de Jean-Bernard Pouy

la recup Tout commence par une serrure délicate... Antoine, artisan spécialisé dans les clefs et mécanismes anciens, rend parfois de petits "services" aux gens du milieu quand il a besoin d'argent. Le voici donc recruté par des mafieux russes pour aller ouvrir une porte dans un mystérieux manoir de la région parisienne.
Mais au lieu de le payer, les malfrats lui injectent du poison dans les veines. Sauvé par miracle, Antoine sait qu'il devrait s'écraser, oublier, passer à autre chose. Pourtant, seul contre tous, il va retrouver le manoir, identifier les tueurs russes et leurs commanditaires français, dévoiler une affaire d'Etat et faire triompher la justice. Un superbe roman noir qui vous réserve une surprise au détour de presque chaque chapitre !

L'interview

Quel est le point de départ d'un roman policier comme celui-ci ? La serrurerie ? La Raie de Chardin ? Une gare de banlieue ?
Jean-Bernard Pouy :
D'abord, ce n'est pas un roman policier (qui a nécessairement un héros/point de vue faisant partie de la police ou de ses pompes), c'est un roman noir. Et comme il y a aussi des romans à énigme, nommés aussi romans à clef, suivez mon regard... C'était l'occase de faire un roman noir à clef. Dont acte. Cela dit, diplômé d'histoire de l'art et fils de chef de gare, je suis toujours tenté de mêler tous ces motifs que non seulement je connais bien, mais qui correspondent à mon mental permanent (avec la vache, le vélo et le rock and roll). C'est ainsi que le plaisir d'écrire se renouvelle, chaque fois, à travers de petites contraintes, celles que je m'impose toujours.

Le plaisir de l'écrivain ne consiste-t-il pas à mélanger une histoire tout à fait contemporaine à des métiers, à des artisanats aussi traditionnels que la serrurerie ou la peinture?
Jean-Bernard Pouy :
Il faut tenter, dans un roman noir, de parler du quotidien, du contemporain, de tous les quotidiens, de tous les contemporains. Un artisan est aussi évident, en soi, qu'un flic, qu'un gangster, qu'une technicienne de surface ou qu'un puissant de ce monde. C'est quelqu'un qui fait partie du spectacle social. C'est quelqu'un qui peut avoir, à tout moment et comme tout le monde, un gros ennui, qui peut être amené à tenter de le résoudre tout seul, même si le monde entier, y compris la loi et la morale, est contre lui. De plus, les petits métiers, sel de la terre, sont de plus en plus absents de la fiction, où la plupart des personnages sont avocats, journalistes, politiques, écrivains, artistes, cinéastes, j'en passe et des meilleurs. Comme il y a des lecteurs dans toutes les strates sociales, il me semble normal qu'il y ait également des personnages de romans dans ces mêmes strates.

Vous écrivez : "Même les Russes ont une morale…" A vous lire, pourtant, il est permis d’en douter. Qu’y a-t-il de pire aujourd’hui que la mafia russe ?
Jean-Bernard Pouy :
Je me souviens d’une chanson de Sting disant que "même les Russes devaient aimer leurs enfants"… Le problème de la mafia russe n’est pas qu’elle soit russe, mais qu’elle soit une mafia. C’est valable pour toutes ces engeances. La Sicile, la Calabre, la région de Naples sont des coins sublimes, peuplés de gens remarquables et porteurs d’art et d’histoire. Et pourtant, elles ont leurs mafias. Ce terme définit la famille. Une famille, c’est un groupe secret, un clan. "Familles, je vous hais", disait l’autre. Je suis d’accord. Surtout quand la famille se débrouille pour aplatir le reste du monde. Le nerf de cette guerre totale est, certes, le pouvoir, mais surtout, comme d’habitude, l’argent. Le fric. L’artiche. Donc, le phénomène est global, sur notre malheureuse planète. Et les Russes n’y échappent malheureusement pas. Les Corses non plus. Les Auvergnats itou.

Le mythe du "lonesome cowboy", seul contre tous, n’est-il pas inusable, indémodable et déclinable à toutes les sauces ?
Jean-Bernard Pouy :
Assurément. Lucky Luke est tout seul face à au moins quatre ennemis, les Dalton. C’est l’un des moteurs essentiels de la fiction, L’Odyssée, Don Quichotte ou Robinson Crusoé l’ont prouvé depuis longtemps. L’un de ses avantages réside dans le fait qu’un seul point de vue augmente et assure l’empathie du lecteur qui, lui aussi tout seul dans sa lecture, peut sans doute s’identifier plus largement que dans un roman choral, où il est obligé de faire des choix. Ce n’est pas bien sûr la seule solution. Mais elle est forte, prégnante, que le roman soit écrit à la première ou à la troisième personne. On dit aujourd’hui, en plus, que l’individualisme est redevenu conquérant. Alors… C’est toujours rassurant de lire qu’un seul individu peut faire plier la bête qui l’esclavagise.

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mercredi 5 novembre 2008

Le Monde des Egyptiens de Marie-Ange Bonhême et Luc Pfirsch

le monde des egyptiens C'est l'une des civilisations qui fascine le plus, tant par la longévité que par la complexité de son fonctionnement. Dirigé par deux éminents spécialistes, cet ouvrage vient donc combler un désir bien logique de connaissances sur la structure sociale, les croyances, les dynasties, l'architecture, notamment, de l'Egypte ancienne.
Les grandes périodes - préhistoire, ancien empire, moyen empire, nouvel empire... - sont savamment retracées dans une magistrale introduction portant sur trois mille ans d'histoire, qui nous amène ensuite à aborder tous les grands aspects de l'existence des Egyptiens, de l'univers des dieux à celui des pharaons, des diverses activités économiques qui s'y réalisaient à l'organisation sociale de sa société, en passant par les monumentales réalisations architecturales et la vie intellectuelle et culturelle. Vingt-cinq chapitres, une iconographie abondante et rare, pour tout savoir sur la civilisation antique sans doute la plus captivante.

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lundi 3 novembre 2008

Ritournelle de la faim de J.M.G. Le Clézio

prix nobel Prix Nobel de Littérature
Auteur secret et sacré "plus grand écrivain vivant de langue française" en 1994, Le Clézio nous revient avec, sans doute, son livre le plus personnel. Un roman-racine puisqu'il plonge, à travers la vie d'Ethel, dans la Nice de son enfance, celle de la guerre, des déportations et de la faim.
Du haut de ses dix ans, Ethel découvre un monde qui lui échappe : la montée des haines, l'amitié trop tôt avortée de Xénia, une fortune dilapidée par un père inconséquent, les rafles et la disparition de Léonora... Seul l'amour de Laurent sera une planche de salut. L'amour et une certaine promesse faite à son grand-oncle, monsieur Soliman. De ses mots pétris de silence, Le Clézio recrée un univers à nul autre pareil : plus qu'un roman, une oeuvre essentielle.