Me voici

Jonathan SAFRAN FOER

L'art de mêler le tragique à la satire

Jacob et Julia Bloch vivent à Washington D.C. avec leurs trois enfants. Derrière la façade rassurante qu'offre cette famille juive typiquement américaine, une crise majeure se prépare. Elle éclate lorsque Sam, le fils aîné, se fait expulser du lycée, et que son père est surpris en train d'envoyer des textos pornographiques à une inconnue. D'autres secousses vont suivre, menaçant les Bloch d'une dislocation définitive. Pendant ce temps, au Proche-Orient, un cataclysme se prépare. C'est finalement un tremblement de terre qui ravage la région et déclenche un conflit géopolitique de grande ampleur, mettant en péril l'existence même de l'Etat d'Israël, lequel lance un appel au secours à la diaspora. Comment tout cela va-t-il finir ? Hilarant excitant, bouleversant, mêlant la satire et le tragique, Me voici est sans aucun doute le roman le plus captivant de Jonathan Safran Foer. Lire la suite

Traduction de l'anglais (états-unis) de Stéphane ROQUES | 752 pages | Couverture brochée en couleurs | Format: 14.5 x 22 cm

Citation presse

The New York Times : Chaque page vibre d'une intensité rare.

The Times : Un roman immense et splendide.

Elle Un roman plein d'émotion et de surprises qui nous laisse sans voix.

Extrait

Quand la destruction d'Israël commença, Isaac Bloch se demanda s'il valait mieux se tuer ou emménager dans une maison de retraite juive. Il avait habité un appartement aux murs couverts de livres jusqu'au plafond et aux tapis si épais qu'un dé pouvait s'y perdre ; puis dans une pièce et demie au sol de terre battue ; dans la forêt, sous d'impassibles étoiles ; sous le plancher d'un chrétien pour qui, à un continent de distance et trois quarts de siècle plus tard, un arbre serait planté en commémoration de sa vertu ; au fond d'un trou pendant de si nombreux jours qu'il n'arriverait plus jamais à déplier complètement les genoux ; parmi des gitans, des partisans et des Polonais à moitié honnêtes ; dans des camps de transit, de réfugiés et de personnes déplacées ; sur un bateau contenant une bouteille contenant un bateau qu'un agnostique insomniaque avait miraculeusement réussi à fabriquer à l'intérieur ; de l'autre côté d'un océan qu'il ne traversa jamais vraiment ; à l'étage d'une demi-douzaine d'épiceries qu'il se tua à retaper pour en tirer de petits profits à la revente ; aux côtés d'une femme qui vérifiait si souvent les verrous de la porte qu'elle finissait par les casser, et qui mourut de vieillesse à quarante-deux ans sans le moindre propos élogieux dans la gorge, mais avec les cellules héritées de sa mère assassinée qui continuaient à se diviser dans son cerveau ; et finalement, lors de ce dernier quart de siècle, dans un duplex de Silver Spring silencieux comme l'intérieur d'une boule à neige (...).

Haut de page